Focus métiers : quel rôle et quelles difficultés surmonter pour mener une démarche éco-conception ?

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Cette fiche a été conçue par le CIRIDD avec l’aide du Pôle national éco-conception et performance du cycle de vie. Cette association d’industriels accompagne les organisations afin d’augmenter leur performance et de créer de la valeur par la pensée en cycle de vie, tout en diminuant les impacts environnementaux. 


Cette fiche technique s’adresse à toute personne travaillant dans une entreprise et souhaitant engager son organisation dans une trajectoire vers l’éco-conception afin de mieux appréhender les impacts de de cette démarche sur les différents métiers au sein d’une entreprise.

Table des matières

1. Définition

2. Contexte règlementaire 

3. Le Focus métier : quel rôle à jouer pour le développement de l’éco-conception ?

>> 3.1 Le référent éco-conception : garantir l’évolution de la démarche en mode projet avec tous les acteurs?

>> 3.2 Les achats et l’approvisionnement : impliquer les fournisseurs

>> 3.3 La conception et la fabrication : anticiper l’utilisation et la fin de vie des produits

>> 3.4 Le marketing : communiquer sur l’intérêt environnemental des produits

>> 3.5 Le regard du designer : repenser les usages pour favoriser les comportements éco-responsables

4. En conclusion

5. Sources

3. Pour aller plus loin et passer à l'action

 

1. Définition

Selon la définition de l’AFNOR, l’éco-conception consiste à intégrer l’environnement dès la conception d'un produit ou service, et lors de toutes les étapes de son cycle de vie. Cette approche vise, dans le processus de conception, à trouver le meilleur équilibre entre les exigences, environnementales, sociales, techniques et économiques dans le développement de produits. 

Pour cela, la pensée en cycle de vie doit être intégrée dès les premières phases de développement de produits ou de services : de l’extraction des matières premières et de l’énergie à la gestion de la fin de vie, en passant par les transports, la transformation et la fabrication de biens, l’emballage, la logistique et enfin l’utilisation. Selon l’AFNOR, l’objectif est de prendre en compte les aspects environnementaux du processus de conception et développement, dans le but de réduire les impacts environnementaux négatifs tout au long du cycle de vie d’un produit.

 

Le Pôle Éco-conception propose une démarche d’éco-conception qui s’articulent en six étapes clés : 

  1. Identifier les enjeux de l’entreprise par rapport au produit : la définition d’une politique d’éco-conception, c’est-à-dire des enjeux environnementaux clés pour l’organisation, du business model envisagé, du positionnement stratégique de l’entreprise… ; 
  2. L’évaluation du produit ou du marché de référence : observation des facteurs environnementaux cruciaux en termes d’impact, traduction et identification des points clés à travailler, en fonction du positionnement stratégique ;
  3. Recherche des pistes d’éco-conception ;
  4. Aide à la décision : arbitrage d’un compromis entre les objectifs de base et la solution qui sera mise sur le marché ;
  5. Evaluation environnementale comparative : s’assurer que la nouvelle solution est meilleure que l’ancienne, sans effet rebond ni transfert d’impact ;
  6. Communication / Information 

 

2. Contexte règlementaire de l’éco-conception non exhaustif

I) Au niveau européen

1.    La réglementation européenne générale

  • La Directive du 17 juin 2008 relative aux déchets du Parlement Européen évoque le principe de responsabilité élargie du producteur (REP). Selon ce dernier, la responsabilité de la fin de vie des produits revient au producteur qui a aussi des exigences de prévention des déchets.
  • Le Livre Vert de la Commission Européenne du 7 février 2001 sur la Politique Intégrée des Produits (PIP). Elle vise à promouvoir le développement d’un marché en faveur de la commercialisation de produits plus respectueux de l’environnement grâce à des actions sur la demande (consommateurs informés) et sur l’offre (éco-conception).
  • Le règlement européen REACH repose sur le principe qu'il incombe aux fabricants, aux importateurs et aux utilisateurs en aval de veiller à fabriquer, mettre sur le marché ou utiliser des substances qui n'ont pas d'effets nocifs pour la santé humaine ou l'environnement. (Règlement CE n° 1907/2006 du 18 décembre 2006).

2.    Exemple de réglementation européenne spécifique aux produits liés à l’énergie : 

  • La Directive ERP du 2009/125/CE sur l’éco-conception liée à l’énergie vise à améliorer la performance environnementale des produits tout au long de leur cycle de vie dès leur conception. Cette directive a pour objectif de fixer des exigences minimales pour l’éco-conception des produits liés à l’énergie.

3.    Exemples de réglementations européennes spécifiques aux équipements électroniques et électriques (EEE)

  • La règlementation européenne impose des consommations énergétiques maximales des équipements électriques et électroniques ménagers et de bureau lorsqu’ils sont en modes veille et arrêt. (Règlement (CE) No 1275/2008 de la Commission du 17 décembre 2008 portant application de la directive 2005/32/CE)
  • En matière d’éco-conception, la réglementation européenne et nationale concernant les DEEE vise à réduire la toxicité et la quantité des DEEE et à promouvoir la réutilisation, le recyclage et la valorisation des appareils entiers et de leurs composants. (Directive LSD du 27 janvier 2003 et décret n°2005-829 du 20 juillet 2005)
     

II) Au niveau national

1.   La réglementation européenne générale

•    La Loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire permet de développer l’éco-conception principalement à travers plusieurs mesures. 

  • Tout d’abord, elle instaure des obligations afin de réduire l’obsolescence programmée de certains produits comme les équipements électriques et électroniques. 
  • Ensuite, elle contraint les producteurs soumis aux filières pollueur-payeur à élaborer tous les cinq ans un plan d’action de prévention et d’éco-conception de leurs produits. La loi renforce la Responsabilité Elargie des Producteurs à la prévention des déchets, aussi bien lors de la conception des produits qu’à travers l’affichage environnemental de l’impact du produit.
  • De plus, elle met en place un système de prime et de pénalité sur la contribution que versent les producteurs à leur éco-organisme en fonction des qualités environnementales de leurs produits. Cela incite les producteurs à éco concevoir leurs produits. 
  • En outre, la mise sur le marché de certaines catégories de produits et matériaux pourra être conditionnée au respect d’un taux minimal d’incorporation de matière recyclée. Cette obligation sera mise en place sous réserve que l’Analyse du Cycle de Vie du produit contenant de la matière recyclée démontre un impact environnemental inférieur à celui du produit d’origine. 
  • Enfin, l’obligation de dispositif d’affichage environnemental inclus dans la loi AGEC est destiné à apporter au consommateur une information basée principalement sur une Analyse du Cycle de Vie du produit.
     

2.    Exemple de réglementation française spécifique au numérique 

  • La Loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France permet de développer l’éco-conception du numérique à travers principalement trois mesures. Tout d’abord la loi prévoit un référentiel général d'éco-conception des services numériques, fixant des critères de conception durable des sites web à partir de 2024. Ensuite, elle prévoit un module sur l'éco-conception des services numériques pour les formations d'ingénieur en informatique. Enfin elle lutte contre l’obsolescence programmée et pour l’allongement de la durée de vie des produits à travers plusieurs interdictions.

 

Il existe donc un cadre législatif propice à l’éco-conception qui comprend aussi bien des obligations amont de prévention à la source que des exigences aval concernant la fin de vie des produits, en passant par des contraintes sur l’ensemble du cycle de vie.

III) Les normes

Sans rentrer dans l’exhaustivité, l’éco-conception est très normée. Citons, par exemple, la norme française AFNOR NF X 30-264 qui aide les entreprises dans la mise en place de démarche d’éco-conception en fournissant des outils tels que des outils organisationnels. Elle incite l’entreprise à inscrire l’éco-conception dans une démarche d’amélioration continue. Il existe aussi la norme internationale ISO 14006 qui fournit des lignes directrices pour intégrer l'éco-conception. 


 

3. Focus métier : quel rôle à jouer pour le développement de l’éco-conception ?

Au sein de l’entreprise, chaque métier va être touché par la mise en œuvre d’une démarche d’éco-conception. Cette fiche vise à illustrer les impacts sur certains d’entre eux. Elle a été réalisée grâce à l’interview de professionnels des entreprises présentées ci-dessous. 

 

3.1 Le référent éco-conception : garantir l’évolution de la démarche en mode projet avec tous les acteurs

Le référent éco-conception est le garant de la démarche de l’entreprise et doit assurer le pilotage transversal du projet, en anticipant les changements impliqués pour l’ensemble des métiers de l’organisation. Il doit faciliter l’appropriation de chacun des enjeux de la démarche à travers une politique de management des ressources humaines adaptées. Pour cela, la communication interne et externe est un outil indispensable afin de convaincre des bénéfices de la démarche au-delà des contraintes rencontrées par chacun. L’animateur est également garant de la coopération entre tous les acteurs impliqués dans le cycle de vie du produit, internes à l’entreprise, fournisseurs ou bénéficiaires. 

Ainsi, les tâches d’un référent éco-conception sont principalement centrées sur l’expertise technique interne et externe, la communication extérieure et interne, le pilotage de projet ainsi que les ressources humaines. Le référent éco-conception a de nombreuses missions. Il travaille peu sur l’expertise environnementale, l’ACV et l’expertise technique de conception quand il n’est pas aussi ingénieur.  Dans ce cas, il fait essentiellement appel à des compétences externes ou internes et globalement, il utilise les résultats d’interprétation afin d’arbitrer les impacts des différentes solutions potentielles et définir des stratégies d’éco-conception.
 
L’éco-conception nécessite d’engager tous les acteurs du cycle de vie du produit : au niveau interne, avec les parties prenantes participants directement à la construction de l’offre, ainsi qu’au niveau externe, avec les clients, fournisseurs, consultants, acteurs de la fin de vie… Cela peut s’avérer compliqué à intégrer dans les contraintes temporelles du développement. Cette difficulté peut être résolue en mettant en place un groupe de travail dédié à l’éco-conception. Ce dernier est nécessaire pour passer d’un fonctionnement en silo à un fonctionnement en mode projet.
 

3.2 Les achats et l’approvisionnement : impliquer les fournisseurs

Au niveau de l'approvisionnement, le rôle des acheteurs va consister à impliquer les fournisseurs dans une démarche de performance environnementale, en choisissant les solutions à moindre impact pour développer le produit. Ainsi, si l’entreprise est plus intégratrice de solutions de sous-traitance que concepteur de ses propres solutions, alors la démarche d’éco-conception consiste à créer avec les fournisseurs l’espace de coopération nécessaire au développement de solutions pertinentes. Dans ce contexte, il est opportun que le service d’éco-conception soit rattaché au service achat. Il peut s’avérer difficile de comparer les offres environnementales de plusieurs prestataires. En effet, il existe peu de labels pour les produits professionnels B2B. Cela nécessite de faire ses propres mesures avec des essais de différents matériaux grâce à un bureau d’études pour comparer différentes solutions. 

ZOOM 1.1 : LA DÉMARCHE ACHATS D'EDAFIM

 
Source de l'image : EDAFIM


EDAFIM est une entreprise B2B qui conçoit et fabrique des fontaines rafraîchissantes raccordées au réseau de distribution d'eau principalement à destination du marché français. Elles sont commercialisées via un dense réseau de distributeurs-installateurs. 

L’entreprise achète des moules pour les placer en sous-traitance chez un injecteur de matière plastique. Désormais, leurs spécifications sont systématiques : la matière doit être en plastique recyclé post-consommation. Un an a été nécessaire pour trouver un injecteur qui a accepté de tâtonner pour trouver les bons réglages afin de travailler la matière recyclée, là où beaucoup ont refusé du fait des contraintes techniques sur la production. Cette coopération est également gagnante pour le fournisseur : Edafim passe désormais par lui pour toutes ses nouvelles pièces et il peut déployer cette nouvelle solution auprès d’autres clients.  Cet exemple montre que dans certains cas, la démarche d’éco-conception permet de faire évoluer les pratiques d’une autre entreprise.

En savoir plus :  http://www.edafim.com/

 

3.3 La conception et la fabrication : anticiper l’utilisation et la fin de vie des produits

La prise en compte de l’éco-conception impacte les métiers de la conception et de la production. Tout d’abord, la fabrication de produits éco-conçus, en favorisant des ressources et procédés qui permettent le réemploi, la réparation ou le recyclage, requière très souvent des machines facilement démontables qui s’adaptent à ces ressources et procédés divers et évolutifs. Cela oblige à penser le montage différemment. Ensuite, la prise en compte de l’éco-conception nécessite une vision prospective sur les besoins futurs.

Dans le cas de Nok Board, entreprise réemployant des snowboards, la conception et la fabrication sont dépendantes du flux de matière. L’entreprise ne sait pas à l’avance quel volume de matière elle va avoir et c’est donc la matière qui détermine la conception des produits. Cette incertitude nécessite la confiance et la coopération des réseaux de distribution mais aussi souplesse, créativité et réactivité au sein de l’entreprise. Enfin, un produit éco-conçu de haute technicité (robustesse ou élasticité des matériaux le composant par exemple) requière une forte communication sur la compatibilité de l’éco-responsabilité et de la fonctionnalité. La maturité, la crédibilité ou encore la performance des solutions techniques éco-conçues restent des enjeux importants pour une large diffusion des produits.

La formation des équipes est une étape clés de ces démarches qui demandent des qualifications et compétences nouvelles et spécifiques tant au niveau des bureaux d’étude que de la production. Cette dernière requière de nouveaux apprentissages pour intégrer la gestion de la fin de vie, la réparabilité et la recyclabilité des biens. La prise en compte de l’éco-conception nécessite une vision prospective sur les besoins futurs, afin d’allonger la durée de vie du produit. 

ZOOM 1.2 : L’ÉCO-CONCEPTION DES FONTAINES CHEZ EDAFIM

EDAFIM est une entreprise B2B qui conçoit et fabrique des fontaines rafraîchissantes raccordées au réseau de distribution d'eau principalement à destination du marché français. Elles sont commercialisées via un dense réseau de distributeurs-installateurs. 

Les fontaines rafraîchissantes sont des appareils frigorifiques qui font appel à de nombreuses technologies. Depuis plus de deux ans, l’entreprise a relocalisé en France l’injection plastique, la réalisation du moule et a systématisé l’utilisation de plastique recyclé post-consommation pour toutes ses nouvelles pièces. Toutes les machines sont également conçues pour pouvoir être reconditionnées en cours de vie, afin de prolonger la durée de vie commerciale du produit qui peut être ainsi loué plusieurs fois par les clients-installateurs. La réglementation européenne poussant à réduire l’usage de gaz frigorigènes à fort effet de serre, l’entreprise a délibérément choisi un gaz plus contraignant qui possède un potentiel de réchauffement planétaire faible en cas de fuite ou en fin de vie.

Source de l'image : EDAFIM
En savoir plus :  http://www.edafim.com/

 

3.4 Le marketing : communiquer sur l’intérêt environnemental des produits

Les métiers du marketing sont impactés par l’éco-conception notamment à travers la demande du marché et l’affichage environnemental. En effet, d’après le 14ème baromètre de la consommation responsable de 2021 de Greenflex et de l’ADEME, « en 2021, 72% d’entre eux [les consommateurs] sont mobilisés en faveur de la consommation responsable ». Le marketeur doit alors intégrer ces données qui impactent la décision d’achat du consommateur. Cela passe d’abord par une analyse du besoin du client, ainsi que de l’écart entre les aspects environnementaux perçus par le consommateur et les impacts réels du produit. Le marketing permet ainsi d’imaginer une offre respectueuse de l’environnement, en phase avec les attentes de l’utilisation. 

Il s’agit ensuite de mettre en place une communication adaptée, pour faire progresser les modes de consommation en transmettant les informations que les clients attendent. La communication de l’évaluation environnementale est complexe car il s’agit de déterminer le bon niveau d’information, notamment grâce un test consommateur pour comprendre comment favoriser le changement de comportements vis-à-vis des produits. En effet, l’éco-conception peut engendrer une hausse du coût de production, répercutée sur le prix de vente. Une communication simple et transparente peut démontrer que la qualité du produit justifie cet écart. La qualité peut permettre de justifier cette hausse. Le rôle du marketeur est alors primordial pour convaincre les clients et fixer de nouveaux standards pour les produits ou services responsables. 

L’éco-conception des produits est également un atout dans le cadre de la communication globale sur la RSE des entreprises. Souvent, l’éco-conception est d’abord le fruit d’une démarche volontariste des dirigeants, misant sur les approches éco-responsables pour se différencier auprès des consommateurs sur leur marché. Cela permet également de se différencier, en étudiant le positionnement de ses concurrents. Ainsi, parler du produit éco-conçu revient à valoriser l’image de l’entreprise et sa démarche éthique et sociétale. 
Enfin, il convient de privilégier des modes de communication dont l’impact environnemental est également maîtrisé.

ZOOM 2 : NOK BOARDS

L’aventure NoK Boards a commencé il y a 4 ans avec l’objectif de donner une seconde vie aux planches de snowboards hors d’usage en les transformant en planches de skate. Plus de 1000 skaters convaincus et 6 prix ont consacré le succès de leur offre. L’incertitude sur les volumes collectés et le caractère unique des produits complique les démarches de communication et de commercialisation. Cela modifie la relation aux magasins et aux clients et requière davantage de coopération et de confiance. Enfin, le snowboard est un produit qui demande de la technicité. Certains clients peuvent avoir des appréhensions quant aux performances de matériaux réemployés. 
Enfin, le snowboard est un produit qui demande de la technicité. Certains clients peuvent avoir des appréhensions quant aux performances de matériaux réemployés. NoK Boards communique pour montrer que la fonctionnalité associe l’éco-responsabilité.

Source de l'image : NOK BOARD
En savoir plus :  https://nokboards.com/shop-skateboards-made-in-france/

 

3.5 Le regard du designer : repenser les usages pour favoriser les comportements éco-responsables

 

Le métier du designer est impacté par l’éco-conception dans la mesure où celui-ci prend en compte l’impact environnemental dans la matérialisation des produits et dans l’intégration et la modification des usages. Le travail d’éco-conception pour améliorer le bilan environnemental du produit concerne aussi bien la production du bien en lui-même que son utilisation via l’aspect didactique. Le rôle du designer est aussi de favoriser les comportements éco-responsables. 
Ces démarches peuvent donc prendre plus de temps, car il est nécessaire d’arbitrer entres les attentes des usagers finaux et l’exigence environnementale. Ensuite, une autre difficulté concerne la mesure du changement de comportement généré par une démarche d’éco-conception chez l’usager.  La réponse apportée par le design doit être expérimentée pour valider la pertinence des scénarios. Cela nécessite d’associer le designer sur le long cours dans les projets d’éco-conception. Par exemple, une poubelle de tri éco-conçue aura un meilleur impact environnemental si le comportement de tri de l’usager est amélioré. 

L’éco-conception offre une méthode et des outils pour prendre en compte les caractéristiques environnementales des solutions proposées. Les outils disponibles permettent d’intégrer les contraintes techniques environnementales dans le design de l’offre. Cependant, les designers ne sont pas des ingénieurs. Ils ont besoin de comparer globalement différents scénarii de conception de produits ou d’usages et de ne pas rentrer dans la technicité. Pour cela, ils peuvent utiliser l’outil Ecolizer, une base de données sur les matériaux et les process, permettant d’obtenir une note environnementale pour un projet. D’autres outils sont plus précis et plus spécialisés :  le Bilan Produit de l’ADEME permettant de réaliser une analyse de cycle de vie avec des résultats multicritères et multi-étapes est très technique et demande une bonne pratique de l’éco-conception.  Ensuite, l’éco-design SIS Tool kit permet au designer d’animer des séances de créativité en entreprise autour de la stratégie de l’entreprise ou d’un projet en lien avec l’éco-conception.

ZOOM 3 : DESIGNERS+ 

Designers+ est une association créée à Saint-Étienne en 2007 regroupant des professionnels du design et métiers associés. L’objectif de Designers+ est de faire appréhender aux entreprises, à partir d'exemples concrets la plus-value d’une démarche design. Ils travaillent en étroite collaboration avec le Pôle national éco-conception à St Etienne.

Source de l'image : Designers+
En savoir plus : https://www.designersplus.fr/

 

4. En conclusion

Une des difficultés majeures restant à surmonter est le manque de visibilité des démarches d’éco-conception pour convaincre les entreprises. Elles n’ont pas assez d’exemples, de modèles à suivre. Les entreprises sous-investissent globalement sur cette thématique car la recherche de solutions alternatives à celles du marché demande du temps et une vision de long-terme du processus de changement engagé. L’innovation est un risque à prendre. 

Les leviers pour le déploiement de l’éco-conception sont nombreux et en plein essor grâce à l’implication de nombreux acteurs régionaux et nationaux :

  • Appui par une réglementation plus incitative ; 
  • Elargissement du champs d’actions par l’implication des filières REP ;
  • Création de dispositifs de soutien au projet, comme ceux de l’ADEME et des CCI ;
  • Diffusion des cas exemplaires auprès des entreprises.

L’éco-conception est une méthode pragmatique pour modifier les modes de production et de consommation, qui donne un avantage compétitif aux entreprises mais aussi une source d’innovation et de revenus.
 


 

5. Sources

 

3. Pour aller plus loin et passer à l’action


Ressources

Initiatives économie circulaire / éco-conception sur Eclaira.org

Site du Pôle Eco-conception : https://www.eco-conception.fr/ et les outils qu’il met à disposition.

Explications de l’éco-conception et du cycle de vie sur Eclaira : Éco-conception & cycle de vie (eclaira.org)


Les ressources de l’ADEME :

Les étapes clés de la démarche d’éco-conception – Ademe

Diagnostic éco-conception - La librairie ADEME

Le guide méthodologique Empreinte projet : évaluer l'empreinte environnementale d'un projet  - ADEME 2022 


Chaire ELSA-Pacte, 2017, Une activité performante et durable grâce à l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) :  Ce guide vise à informer les entrepreneurs sur la mise en œuvre opérationnelle de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) à travers des fiches par service ou fonction impactés. 
https://www.eco-conception.fr/library/h/une-activite-performante-et-durable-grace-a-l-analyse-de-cycle-de-vie-acv.html

Pôle éco-conception, 2014, « guide : réussir sa démarche d’éco-conception » : https://www.eco-conception.fr/library/h/guide-reussir-sa-demarche-d-eco-conception.html 
Ce guide revient sur les facteurs de réussite et les échecs des démarches d’éco-conception pour inciter les entreprises à se poser les bonnes questions et à adapter ces éléments à leur démarche et leur contexte. 
https://www.eco-conception.fr/library/h/guide-reussir-sa-demarche-d-eco-conception.html

Le site Ecolabel européen : https://ec.europa.eu/environment/ecolabel/

 

Agenda

Formations du Pôle Ecoconception 

  • Les clés de la réussite d’une démarche d’éco-conception – Mars 2021, Pôle éco-conception 
  • Connaître et mettre en œuvre la méthode ACV – 24 mai 2021 à Lyon, Pôle éco-conception
  • Communiquer sur ses produits éco-conçus – 25 mai 2022 à Lyon, Pôle éco-conception
  • Pour plus d’informations : https://www.eco-conception.fr/library/h/calendrier-de-formations-2022.html

Conférence du Pôle Ecoconception

  • Aborder les produits et services responsables – 18 mai 2022, Pôle éco-conception

Aides et financements


Nous tenons à remercier le Pôle Eco-conception, Edafim, Bruno Lefebvre, Nok Board, Frédéric Cadet pour leur participation à la présente fiche technique.