Basculer d’une société basée sur les ressources fossiles vers une société basée sur les ressources végétales

  • 2022-06-29 09:59:26
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  • Collectif-grandest.org
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La bioraffinerie crée des produits du quotidien à partir de ressources végétales donc de matières renouvelables.

  • Structure porteuse : Bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt
  • Nature de l'initiative : Démarche multi acteurs (collective ...)
  • 113 rue de Pomacle, 51 110 Bazancourt
  • Date de début : juin 1950

Une bioraffinerie collecte et transforme des ressources végétales pour produire des matières ou des objets vendus sur différents marchés. La bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt a développé plusieurs filières à partir du blé, de la betterave et de la luzerne tout en s’inscrivant dans une démarche d’écologie industrielle et territoriale.

La bioraffinerie part d’une vision collective et d’un engagement entrepreneurial des agriculteurs et des coopératives agricoles locales. C’est donc à partir du champ et de la production agricole locale que la bioraffinerie s’est développée en commençant par une sucrerie basée sur les betteraves. Par la suite, du blé et de la luzerne ont progressivement été valorisés. Plusieurs marchés de valorisation des co-produits ont également été développés comme l’alimentation animale, la méthanisation d’effluents ou la valorisation de CO2 issu de la fermentation pour optimiser la valorisation des productions agricole. La bioraffinerie permet d’alimenter de nombreux marchés comme, l’agroalimentaire, la pharmacie, la cosmétique, l’énergie renouvelable, la chimie ou l’alimentation animale. Les différentes entreprises de la bioraffinerie ont progressivement développé des synergies permettant de créer un écosystème d’écologie industrielle et territoriale exemplaire. Les collectivités et des universités se sont également pleinement engagées dans cette bioraffinerie, avec l’implantation sur site de chaires de recherche et de laboratoires. Cette bioraffinerie est ainsi devenue un site emblématique de la bioéconomie, à rayonnement international.

Résultats qualitatifs et chiffres clés

  • La réduction de l’exploitation des hydrocarbures : Les produits de notre quotidien sont souvent synthétiques et issus du pétrole. Réaliser une production à partir du végétal permet d’avoir des produits issus d’une matière renouvelable. Ils peuvent être en outre biodégradables pour certains d’entre eux.
  • L’utilisation intégrale du produit et zéro perte : L’objectif de la bioraffinerie est d’utiliser toutes les parties du végétal. Les co-produits issus de chaque procédé sont eux-mêmes valorisés. Même les eaux de lavage et autres résidus ont une destination comme enrichir les terres agricoles en fin de cycle.
  • L’écologie industrielle et territoriale : La proximité des différentes entreprises permet la mutualisation d’équipements ou de procédés, ou encore la réutilisation des eaux.
  • Entre production et innovation : Différentes structures de recherche et d’innovation sont implantées sur le site. Les agriculteurs ont fondé, dans les années 1980, ARD pour innover dans la valorisation des matières agricoles. ARD dispose d’un démonstrateur en biotechnologie, levier de passage à l’échelle des projets (depuis la paillasse jusqu’au fermenteur industriel de 180 m3).
  • 13 entreprises en synergie
  • Implantation sur 260 hectares
  • 4 millions de tonnes de biomasse transformées chaque anéne

Historique et perspectives de l’initiative

  • 1953 : Mise en service de la sucrerie
  • 1992 : Mise en service de la glucoserie-amidonnerie
  • 1989 : Création de ARD (Agro-industrie Recherches et Développement) – implantation d’un pôle innovation au sein du complexe industriel
  • 2007 : Mise en service de la distillerie Cristanol
  • 2012 : Création du CEBB (Centre Européen pour la Bioéconomie et les Biotechnologies)
  • 2018 : Labellisation territoires d’industries

Perspectives :

  • Vision Bazancourt 2030 : Le site souhaite poursuivre son développement, et veut attirer de nouveaux projets. Une vision commune d’un développement global, harmonieusement intégré dans son territoire, est définie et a été citée dans le Business Act publié en 2021 par la région Grand Est. Ce développement sera porté conjointement par la nouvelle gouvernance et par les territoires.
  • Un ancrage local, un rayonnement international : Telle est la devise de la plateforme qui souhaite se renforcer en attirant de nouveaux projets et continuer à promouvoir la bioéconomie et le développement durable vers le reste du monde.

Facteurs d'accélération et freins

Freins :

  • Une absence de gouvernance structurée : L’impulsion est venue des agriculteurs et des coopératives agricoles. Le site s’est développé dans le cadre d’une bonne compréhension et entente entre les différents acteurs. Cependant, l’arrivée de nouveaux acteurs sur le site via le rachat d’activités met en lumière un besoin de gouvernance structurée.
  • Un manque de place et de structuration géographique : Il était difficile au démarrage d’imaginer ce qu’est devenu la bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt. Le site n’a pas été délimité clairement et la mise en place de nouvelles activités entraine des questionnements sur les terrains, la voirie, les accès ou les raccordements aux utilités.

Facteurs d’accélération :

  • Une impulsion commune : C’est la volonté de plusieurs agriculteurs de travailler ensemble qui a permis une telle dynamique de développement autour d’une production agricole puis le développement d’une filière, puis l’ajout de l’innovation et, aujourd’hui, une vision de développement long terme dans le cadre de la bioéconomie et de la biotechnologie.
  • Un soutien du territoire : L’engagement du Département, du Grand Reims et de la Région a été décisif pour attirer plusieurs grandes écoles à rejoindre cette dynamique et implanter des chaires de recherche et d’innovation au coeur du site.
  • Une envie de pousser la bioéconomie : La Région, le Département et le Grand Reims investissent sur la zone à travers à travers le CEBB ainsi que dans les infrastructures (bâtiments et voirie). Ils soutiennent et accompagnent la mise en place d’une nouvelle gouvernance, dans le cadre de stratégies qui s’appuient sur le développement de la bioéconomie sur les territoires.

Domaines d’activités

  • Agriculture
  • Alimentation
  • Chimie
  • Santé
  • Commerce

Ressources

  • Eau
  • Alimentaire
  • Biodiversité
  • Déchet
  • Biodéchet

Partenaires

  • Région Champagne-Ardenne puis Grand Est

  • Département de la Marne et Reims Métropole

  • Centrale-supelec

  • AgroParis Tech

  • Neoma business school

  • l’Université de Champagne Ardenne

Moyens techniques et méthodologies

La plateforme est basée sur un modèle industriel classique, avec la vente de produits sur des marchés variés : chimie, agroalimentaire, énergie, etc. Les collectivités apportent un soutien financier pour développer les activités d’innovation et de recherche.

Moyens humains

4 200 emplois directs et indirects

 Alimentation durable
 Approvisionnement durable
 Coopération territoriale
 EIT
 Filières locales
 Modèles économiques
 Eco-conception
 Territoire
 végétales
 ressources
 transformation

Modérateur

  • Amandine Ameline

    Chargée de mission

  • Auteur de la page

  • Amandine Ameline

    Chargée de mission


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