Une initiative collective de gestion du lactosérum en production fermière

La collecte et la valorisation du lactosérum, plus communément appelé petit lait, font partie des préoccupations agro-environnementales de la zone AOP Saint-Nectaire. Depuis le 1er août 2016, une organisation est en place sur le territoire pour assurer le traitement du lactosérum.
  • Date de début : août 2016
  • Zone AOP St Nectaire
  • 63610 Besse
 Action collective
 Territoire
 Coopération territoriale
 Mutualisation d'infrastructures et de services
 Filières locales
 Circuits courts
 Lactosérum
  Producteurs
  Production fermière
  Appellation
  Collecte
 synergie

Le traitement du lactosérum représente un enjeu important pour les producteurs de St-Nectaire. En effet, ils doivent trouver une utilisation pour cette matière qui est produite en grande quantité lors de la fabrication du fromage (seulement 20% du lait devient du St-Nectaire).

Les solutions existantes sur la zone AOP ne répondaient pas de façon satisfaisante aux besoins spécifiques des producteurs fermiers. C’est pour pallier à ce manque que l’interprofession du Saint-Nectaire a envisagé d’organiser une filière de collecte et de valorisation du lactosérum fermier. La solution mise en place permet de le transformer en poudre et en crème vendues à l’industrie agro-alimentaire.

Ce projet a donné lieu à la création de la société Lactoservice, à l'organisation de la collecte et à la réalisation d’une station de prétraitement du lactosérum fermier. Cette dernière est adossée à l’entreprise Bonilait avec laquelle un partenariat a été développé et qui s’occupe de l’étape suivante dans le processus de valorisation, la préconcentration.

Bénéfices qualitatifs

Lactoservice est la première initiative collective de gestion du lactosérum en production fermière en France.

Le lactosérum fermier est une matière très acide, il n’est pas pasteurisé et présente des risques sanitaires s’il est mal pris en charge. La solution de Lactoservice prend en compte ces enjeux, elle est sécurisée au niveau sanitaire et évite des pratiques polluantes telles que l’épandage.

Alors que le lactosérum représente un déchet embarrassant si aucune solution n’est mise en œuvre, il retrouve via sa transformation un statut de matière première de bonne qualité pour le secteur agroalimentaire (fabrication de poudre infantile, chocolaterie, plats préparés, compléments alimentaires pour les sportifs, etc.). Pour les producteurs, la solution proposée par Lactoservice s’avère pratique, non coûteuse et transparente.

La valorisation du lactosérum remplace ou complète d’autres solutions :

  • Alimentation pour l’élevage bovin ou porcin. Traditionnellement les producteurs possédaient des porcs auxquels ils donnaient le petit lait mais cela est de plus en plus rare et l’élevage porcin n’est pas assez développé dans la région pour que cette solution soit viable.
  • Valorisation par la méthanisation. Solution encore assez peu développée.
  • Mélange du lactosérum laitier avec le lactosérum pasteurisé. Cette solution n’était plus réalisable en raison des risques sanitaires et des quantités à gérer. Les deux collecteurs assurant jusqu’alors la collecte de lactosérum fermier n’étaient plus en capacité de répondre à la demande.
  • Épandage. Cette solution s’avère polluante en raison de l’acidité du lactosérum, et contraignante pour les agriculteurs : le lactosérum encombre les fosses, acidifie les champs, l’épandage nécessite des heures de travail supplémentaires… 

Bénéfices quantitatifs

A plus d’un an de fonctionnement, les objectifs que s’était fixé Lactoservice ont été atteints et dépassés. L’activité a augmenté de 40% en un an et 80 producteurs sont engagés dans la collecte en octobre 2017.

D’août 2016 à juillet 2017, l’entreprise a collecté 16 millions de litres (l’objectif était de 14 millions), elle espère atteindre les 20 millions de litres annuels d’ici juillet 2018. La collecte réalisée durant la première année de fonctionnement a été transformée en 1100 tonnes d’extrait sec dégraissé et 63 tonnes d’extrait sec de matière grasse.

Les producteurs s’engagent pour 5 ans avec la société Lactoservice. La variation du cours de la poudre de lactosérum impacte la valeur des produits de la valorisation. Si cette valeur est inférieure aux coûts de collecte, les producteurs doivent verser une compensation. Si le cours de la poudre est haut, les producteurs peuvent au contraire toucher des revenus. L’objectif est que les coûts de la solution soient stables sur le long terme malgré les fluctuations des cours.

Etapes de l'initiative

2014 : l’Interprofession du Saint-Nectaire (ISN) envisage d’organiser une filière de collecte et de valorisation du lactosérum fermier adaptée aux contraintes locales. Une étude de faisabilité technicoéconomique est alors réalisée

1er août 2016 : première collecte traitée à Tauves (63)

Facteurs d'accélération et freins

Leviers :

  • Au lancement de l’activité les cours de la poudre de lactosérum étaient bas mais leur tendance à la hausse à cette période était encourageante (pour que le traitement ne coûte rien aux producteurs il faut que les cours soient au minimum à 700€).
  • Les producteurs s’engagent sur 5 ans, cela permet de stabiliser l’activité malgré la fluctuation des cours de la poudre de lactosérum.
  • L’entreprise Bonilait a été d’une aide précieuse en apportant son savoir-faire technique pour la création de la station de prétraitement. 
  • La solution concerne de nombreux acteurs sur la zone AOP (entreprise Bonilait, collecteurs historiques, les nombreux producteurs), leurs intérêts partagés ont motivé ce partenariat collectif de territoire.

Freins :

  • Investissement conséquent et décalage entre les paiements et le versement de certaines subventions.
  • Lactoservice n’a aucune influence sur les cours de la poudre de lactosérum, en période de baisse, la valeur des ventes ne couvre pas le coût de la collecte.

Domaines d’activités

  • Agriculture
  • Alimentation

Ressources

  • Alimentaire

Partenaires

  • Région Auvergne-Rhône-Alpes
  • Conseil départemental du Puy-de-Dôme
  • Union Européenne
  • Fonds FEADER

  • 80 producteurs fermiers
  • Entreprises Dischamp et Lacalis
  • Couverture de la zone AOP pour la collecte du petit lait

  • Entreprise Bonilait
  • Etape de la préconcentration

    Moyens techniques

    • Organisation d’une collecte réalisée tous les deux jours par deux entreprises sous-traitantes.
    • Création d’une station de prétraitement pour réaliser la  réception, le filtrage, l’écrémage, la pasteurisation du lactosérum dégraissé, la pasteurisation et le stockage de la crème.
    • La station de prétraitement est reliée à l’entreprise Bonilait qui est responsable de la préconcentration, la matière passe directement d’une unité à une autre sans besoins logistiques.

    Dispositifs, outils ou méthodologies

    • Réalisation d’une étude de faisabilité
    • Réalisation d’un cahier des charges pour garantir la qualité du lactosérum collecté
    • Etablissement de contrats de 5 ans avec les producteurs fermiers

    Perspectives

    • Augmentation des quantités traitées
    • Réflexions autour de nouvelles solutions matérielles telles que le nettoyage des camions

    Financeurs

  • Région Auvergne-Rhône-Alpes
  • Département du Puy de Dôme
  • Union Européenne
  • FEADER

    Financement

    Initiative financée à hauteur de 200 000 € par des subventions

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