[Focus recyclage physico-chimique : Le traitement des matières PVC composites réinventé]

Intégration du recyclage sur les sites de production : le traitement des matières PVC composites réinventé

Polyloop, startup fondée en 2019, est spécialisée dans le développement de petites unités de recyclage pour les matières PVC composites, prenant le parti de développer un équipement de recyclage installé directement à la source des déchets.

Polyloop adapte à petite échelle le procédé de recyclage physico-chimique Texyloop®, auparavant exploité à l’échelle industrielle en Italie. Le projet consiste à créer des unités de recyclage sous forme de containers assemblés, directement installées sur le site des industriels. Ces installations permettront de traiter les déchets PVC composites localement et d’obtenir une matière recyclée de qualité pouvant être réutilisée directement dans la production. 

Relocaliser le recyclage

Actuellement, le recyclage est organisé selon un modèle centralisé, les déchets sont dirigés vers de grosses unités de traitement. Ce modèle soulève des problématiques logistiques (collecte, transport et stockage des déchets) et ne permet pas toujours de prendre en charge les petits volumes ainsi que les gisements de matières spécifiques. L’avantage du système développé par Polyloop est de pouvoir traiter les déchets industriels sur site, évitant ainsi leur transport. 
Il permettra également de traiter des déchets PVC aujourd’hui généralement enfouis car complexes à recycler. Par ailleurs, en raison de la petite quantité de solvant nécessaire, les sites accueillant des unités Polyloop® ne nécessiteront pas de classement SEVESO, mais simplement ICPE (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement).

L’installation est conçue pour traiter 500 tonnes de déchets à l’année.

Faciliter l’utilisation de matière recyclée

L’intégration de matière recyclée dans les produits est amenée à augmenter, d’une part pour répondre aux obligations légales[1] et au cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP), d’autre part pour s’adapter aux attentes des consommateurs, de plus en plus sensibilisés à la question. L’activité de Polyloop se place dans ce contexte : l’unité de recyclage est développée de manière à ce que l’utilisateur obtienne une matière recyclée de haute valeur à partir de ses propres déchets, prête à l’emploi dans son processus de production. L’installation est conçue pour traiter 500 tonnes de déchets à l’année.

Elle peut convenir aux besoins des industriels de la plasturgie, des fabricants (les applications des PVC composites sont variées : automobile, outdoor, BTP...) et des recycleurs spécialisés dans les petits volumes. Les unités pourront être opérées par l’industriel lui-même mais l’équipe de Polyloop restera impliquée via une offre de service associée, comprenant la maintenance et le suivi à distance. L’enjeu sera de démontrer aux utilisateurs que l’investissement dans une telle installation est justifié en raison de la baisse des coûts d’élimination des déchets et la réduction des besoins en matière première induite par la réintégration de la matière recyclée.

Le recyclage par procédé de dissolution sélective et précipitation
ou « recyclage physico-chimique »   

Après les avoir triés et broyés, ce procédé consiste à dissoudre les déchets composites base PVC avec un solvant circulant en boucle fermée dans l’installation. La matière est ainsi séparée : les matières insolubles sont filtrées et la matière soluble, qui contient le PVC, est récupérée. Elle est précipitée puis séchée pour obtenir des granulés de PVC.

Une innovation de rupture

La société Polyloop doit relever un défi de réingénierie et « miniaturiser » le procédé de recyclage physico-chimique Texyloop® pour pouvoir proposer à la vente une unité compacte et configurable. Des modules complémentaires pourront être ajoutés afin de répondre plus finement aux besoins des utilisateurs. Accompagnée d’un consortium, la startup a remporté l’appel à projet « Économie circulaire et valorisation des déchets » de l’ADEME et bénéficie ainsi d’un soutien financier pour le développement de sa solution de recyclage. Le consortium comprend les partenaires régionaux suivant :

  • La société Serge Ferrari, spécialisée dans les matériaux composites souples, qui a co-développé le procédé Texyloop® avec le groupe chimique SOLVAY;
  • L’entreprise MTB, dont l’activité consiste à développer des solutions de recyclage compactes ;
  • Le Laboratoire Cethil, pôle scientifique rattaché à  l’INSA de Lyon spécialisé sur l’énergie, qui travaille sur le développement d’un module pour alimenter en énergie l’unité Polyloop®. 

Les années 2020-2021 correspondent pour le projet à une phase expérimentale avec l’installation récente d’un pilote laboratoire sur le site de l’entreprise Kem One, producteur de PVC à Balan (Ain). L’objectif est de valider l’éligibilité des matières des clients dans le procédé et d’améliorer le protocole. En 2020-2022, le projet passera à l’échelle du pilote industriel. Il est prévu que la première unité de recyclage soit accueillie en 2022 par la société Serge Ferrari.

[1]  Loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire du 10 février 2020.


Source : ECLAIRA - Le Bulletin N°17 / septembre 2020

Lire en ligne le Bulletin ECLAIRA N°17

Télécharger en PDF le Bulletin ECLAIRA N°17

Lire d'autres articles de ce numéro

Consulter tous les bulletins ECLAIRA

Bulletin édité par le CIRIDD - soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes

 


 Recherche et Développement
 Bulletin17
  Chimie
  Matière
  Recyclage Chimique
  PVC
  Physico-chimique
  Startup
  Composite
  Innovation

Modérateur

  • Vincent Jay

    Chef de projets

    Suivre
  • Dernière modération le 06/10/2020 - 09:49

    Auteur de la page


  • Autres actualités

    Plus d'articles

    Sur les mêmes thèmes

     Recherche et Développement
     Bulletin17
      Chimie
      Matière
      Recyclage Chimique
      PVC
      Physico-chimique
      Startup
      Composite
      Innovation