[Focus entreprise] Relever le défi de l’approvisionnement bio et local

Le glacier Terre Adélice a été fondé en 1996, en Ardèche, par deux frères, avec l’envie initiale de travailler dans le domaine de la transformation des fruits. Il compte aujourd’hui une trentaine d’employés.

Dès le départ, l’entreprise s’oriente vers des recettes sans colorants ni exhausteurs de goût et travaille avec des producteurs du territoire. Le respect et l’admiration pour les agriculteurs sont des valeurs liées au parcours des créateurs de Terre Adélice et sont inscrites dans son ADN.

Des engagements formalisés dans une démarche RSE

Pour mettre sur papier et pouvoir suivre ses engagements environnementaux et sociaux, Terre Adélice s’est engagée dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et a embauché un ingénieur en apprentissage dédié à cette mission. La RSE permet de prendre en compte simultanément l’environnement extérieur et l’environnement de travail, qui repose notamment 
sur un modèle d’entreprise libérée.

« Un lien aux producteurs supérieur à une transaction commerciale »

Pour s’approvisionner en fruits, lait et crème, Terre Adélice contractualise avec 20 producteurs et groupements de producteurs. La contractualisation sur trois ans formalise et renforce le lien avec l’agriculteur et garantit le volume d’approvisionnement dans un contexte de marché tendu.

Pour les agriculteurs, c’est une façon de conforter leurs activités et leurs projets. De plus, ce partenariat est valorisant pour eux, le devenir du fruit de leur travail n’est pas anonyme.

Pour ce qui est des produits exotiques et du sucre de canne, l’entreprise cherche des alternatives moins lointaines, fait toujours le choix de produits issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable quand cela est possible.

"Terre Adélice  contractualise avec 20 producteurs  et groupements de producteurs."

0% de bio en 2008, 100% en 2020

Petit à petit, l’approvisionnement local (Ardèche et départements limitrophes) est devenu bio. En juin 2019, Terre Adélice a obtenu le label « bio entreprise durable » créé par le syndicat des transformateurs et distributeurs bio (Synabio). Son objectif est d’atteindre 100% d’approvisionnement bio en 2020, tout en augmentant le chiffre d’affaires et les volumes.

Le local : un engagement exigeant

L’approvisionnement local n’est pas standardisé. Les livraisons s’effectuent toutes au moment de la récolte, saison où Terre Adélice est en pic d’activité. Les quantités commandées doivent suffire à fabriquer des produits sur une année. L’entreprise est équipée en conséquence pour effectuer la transformation des fruits à leur arrivée et pour stocker en froid négatif la grande quantité de purées obtenues.

Les dérèglements climatiques (gel, sécheresse, grêle, etc.) fragilisent certaines cultures et il est malheureusement très compliqué depuis quelques années de produire localement des fruits tels que les myrtilles. Plusieurs pratiques de l’entreprise essaient de contrecarrer ces aléas : s’approvisionner auprès de plusieurs producteurs pour le même fruit, commander plus que le besoin annuel sur les produits sensibles et diversifier l’offre de parfums. Par ailleurs, l’augmentation des volumes produits par l’entreprise est liée au développement des cultures locales et s’effectue donc sur du long terme (croissance des arbres fruitiers…).

Au final, l’approvisionnement bio et local revient plus cher, les framboises importées sont par exemple à moitié prix. C’est cependant un choix que Terre Adélice ne regrette pas car il  fait vivre les agriculteurs du territoire et est gage de qualité. Les fruits peuvent notamment être cueillis à maturité car ils parcourent peu de distance.

Réduire l’impact des emballages par l’éco-conception

Par cohérence avec ses engagements RSE et dans le bio, Terre Adélice a souhaité retravailler ses emballages dans une approche d’éco-conception. Les premières modifications ont concerné les bacs de 500 ml et de 120 ml où le carton a remplacé le plastique, un format plus pratique à ranger mais surtout plus léger et recyclable. Des réflexions sont en cours pour d’autres emballages, le développement de la filière des bioplastiques devrait favoriser cette démarche.

Optimiser l’utilisation des ressources

Dans son fonctionnement, l’entreprise cherche également à optimiser les ressources. Lors de son déménagement en 2007, elle s’est installée sur un ancien moulinage (site industriel textile) avec le soutien de la communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche (CAPCA) propriétaire des lieux, évitant ainsi d’empiéter sur des terres agricoles. Terre Adélice est alimentée par de l’électricité 100% renouvelable et récupère la chaleur produite par le fonctionnement des frigos et sorbetières pour chauffer l’eau chaude sanitaire et les bureaux. Quant aux biodéchets, ils sont traités avec les déchets verts de la collectivité ou donnés aux agriculteurs qui les compostent.


Source : ECLAIRA - Le Bulletin N°15 / décembre 2019
Crédit photos Regards croisés : Terre Adélice.

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Bulletin édité par le CIRIDD - soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes

 


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  • Dernière modération le 17/01/2020 - 10:01

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