[Focus entreprise] Quels enjeux pour un packaging responsable ?

Avec bientôt 25 ans d’expérience, l'entreprise Qualiform est spécialisée dans la fabrication de flacons en plastique à destination de la cosmétique en France comme à l'étranger. Basée à Oyonnax (01), l’équipe d’une centaine de personnes travaille à fournir des solutions innovantes pour les marchés du luxe et masstige [1] des dérivés parfums et du soin. L’orientation donnée à la R&D et ses innovations s’inscrit dans l’économie circulaire depuis plusieurs années.

Une green line de flacons en plastique : des solutions au cœur de l’économie circulaire

Qualiform a pris le virage de l’économie circulaire. À la conviction citoyenne du président Stéphane Perrolier se sont mêlées les attentes des consommateurs et la nécessité de proposer aux fournisseurs des solutions écoresponsables. Avec sa « green line », Qualiform s’inscrit au cœur de l’économie circulaire et cherche à lever les freins inhérents aux solutions choisies.

Les flacons biosourcés [2] permettent de produire des emballages sans extraire de matière fossile et améliorent le cycle carbone du produit, en se basant sur le végétal. L’absence de changement dans la composition facilite le basculement du client vers cette solution puisque ces matières n’impactent pas l’esthétisme des produits. Pour que cette solution soit vertueuse, Qualiform doit s’assurer que la provenance des matières premières végétales ne participe pas à la déforestation.

Les flacons biosourcés permettent de produire des emballages sans extraire de matière fossile et améliorent le cycle carbone du produit, en se basant sur le végétal.

Qualiform propose aussi des flacons conçus à partir de matière recyclée tirée des plastiques recueillis lors des opérations de nettoyage des plages ou des cours d’eau. Les bouteilles PET rejetées par la mer sont alors triées séparément, massifiées et remises dans la boucle de recyclage.

Dans une optique de sobriété, Qualiform a lancé des flacons rechargeables avec des marques partenaires. Au sein d’une coque en porcelaine fabriquée à Limoges, les flacons sont conçus en matière 100% recyclée, sans pollution liée à la décoration. Néanmoins, ce concept n’est pas encore très développé dans la cosmétique car il implique de modifier le fonctionnement de toute la chaîne et non seulement le packaging.

Changer les mentalités pour adresser le problème des déchets plastiques : le recyclage mécanique et moléculaire

La pollution liée aux déchets plastiques est un enjeu qui traverse la filière de la plasturgie. En l’état actuel, le zéro plastique pose des problèmes techniques et interroge l’impact carbone des alternatives qui existent sur le marché. Dans cette optique, Qualiform porte le recyclage comme un élément de la réponse.

En privilégiant les matières recyclées, issues de la collecte, triées et retransformées, l’entreprise limite sa consommation de CO2 et évite la contamination liée aux déchets plastiques en les traitant. D’un point de vue technique, le recyclage mécanique concerne le flux de déchets plastiques issus du tri sélectif. Les déchets sont broyés, lavés, recomposés en granulat et transformés.

La matière première recyclée présente certaines impuretés, visibles sur le produit final. Il est donc attendu du consommateur une certaine tolérance esthétique vis-àvis d’un flacon 100% recyclé. Avec cette technique, le plastique peut se recycler 5 à 6 fois, jusqu’à ce que la matière perde ses propriétés mécaniques.

De manière complémentaire, le recyclage moléculaire s’adresse aux 40% des déchets plastiques qui sont enfouis et aux 25% qui sont incinérés dans le monde. Cette nouvelle technologie, travaillée par Qualiform et son partenaire Eastman, proposent une alternative en dépolymérisant le déchet plastique pour extraire le monomère. D’un point de vue chimique, les éléments sont séparés et rendent une matière vierge, dénuée d’impuretés. De ce fait, le potentiel de recyclabilité du plastique jusqu’ici non-traité est colossal.

Certains freins demeurent pour développer le recyclage des déchets plastiques en France. Le principal est économique : utiliser de la matière recyclée coûte aujourd’hui plus cher que de la matière vierge. En ce qui concerne le recyclage moléculaire, si des démonstrateurs voient le jour à l’échelle nationale, il n’existe pas encore de système opérationnel à grande échelle dans le pays.


[1] Le mot valise masstige accole les termes anglais "mass" et "prestige" pour désigner la commercialisation de produits considérés hauts de gamme à des prix accessibles à la masse des consommateurs.

[2] "Les matériaux biosourcés sont issus de la matière organique renouvelable (biomasse), d’origine végétale ou animale." (Ministère de la transition écologique)


Crédit photos : Qualiform


Source : ECLAIRA - Le Bulletin N°18 / janvier 2021

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